Les excédents d’hier et les factures de demain

Ce que cinq années au Conseil communal ont changé dans mon regard sur la gestion de notre commune

Je commence ma deuxième législature au Conseil communal avec une conviction que je n’avais certainement pas aussi clairement il y a cinq ans : les bons comptes d’une année ne font pas nécessairement une bonne politique financière sur vingt ans.

Il m’aura fallu une première législature pour prendre la mesure de la situation, comprendre les mécanismes financiers d’une commune, remonter certains dossiers, écouter les arguments des uns et des autres et, surtout, commencer à relier entre elles des décisions qui, prises séparément, paraissaient souvent parfaitement raisonnables. Je ne prétends pas réécrire aujourd’hui l’histoire avec la confortable clairvoyance de celui qui connaît la fin du film. Je n’étais pas au Conseil lorsque nombre de ces décisions ont été prises. Des normes ont changé, des projets immobiliers ont été retardés, les taux d’intérêt ont évolué et les communes dépendent de nombreuses charges qu’elles ne maîtrisent pas.

Mais il serait tout aussi confortable de refuser de regarder le film sous prétexte que chaque photographie, prise isolément, semblait réussie.

Et ce film raconte quelque chose « Nous faisions des excédents ».

C’est probablement l’argument que j’entends le plus souvent lorsque l’on évoque aujourd’hui la gestion des anciennes Municipalités : « Nous avons bien géré la commune puisque nous faisions des excédents de revenus. ». L’argument mérite d’être entendu.

Les excédents ont existé. Les comptes 2013, par exemple, se soldaient par un petit excédent après CHF 1,3 million d’amortissements supplémentaires et CHF 1,77 million d’attributions à des fonds de réserve. En 2017, le résultat positif intervenait également après plus de CHF 4 millions d’amortissements supplémentaires. Il serait donc faux et caricatural de raconter que les anciennes autorités n’ont jamais amorti, jamais constitué de réserves et simplement dépensé sans compter. Mais un excédent comptable reste un indicateur, pas un certificat de bonne gestion.

Oscar Wilde définissait le cynique comme celui qui connaît « le prix de tout et la valeur de rien ». Sans pousser la comparaison jusqu’au cynisme, la gestion publique risque parfois le même travers : nous savons parfaitement mesurer ce qu’un équipement coûte l’année où nous le construisons, beaucoup moins ce qu’il vaut encore quinze, vingt ou trente ans plus tard.

Une commune n’est pas une entreprise cherchant à maximiser son bénéfice. Sa mission est de délivrer durablement des prestations, d’entretenir son patrimoine et de transmettre aux générations suivantes des infrastructures utilisables et une capacité financière suffisante pour continuer à investir. C’est là que la lecture des excédents devient plus compliquée. Si je dégage un excédent après avoir correctement entretenu mes bâtiments, anticipé leur renouvellement, construit des équipements adaptés à la croissance démographique et préservé ma capacité d’endettement, très bien. Si j’obtiens le même excédent en repoussant des investissements ou en construisant au plus juste, l’excédent reste comptablement exact. Mais économiquement, une partie de la facture a simplement changé de législature.

En matière communale, la dépense que l’on ne fait pas ne disparaît pas toujours. Elle prend parfois simplement rendez-vous.

La piscine de Bois-Murat : quand la facture revient

La piscine de Bois-Murat en offre une illustration presque pédagogique. Un crédit de CHF 5,72 millions avait été accordé en 2010 pour la rénovation de la salle de gymnastique et de la piscine. Les travaux étaient encore comptabilisés en cours en 2011. Une douzaine d’années plus tard, nous voici à nouveau devant un investissement majeur.

Le préavis présenté en 2025 explique qu’une nouvelle réglementation relative à l’eau des installations de baignade impose une mise aux normes et étudie plusieurs variantes. La solution minimale se situe déjà au-dessus de CHF 7 millions ; une variante avec un bassin de 25 mètres approche CHF 11,35 millions et la solution privilégiée par la Municipalité pour une première phase avoisine CHF 12,06 millions.

Soyons justes : cela ne démontre pas que les autorités de 2010 ont forcément commis une faute. Certaines normes ont évolué. Le rapport de gestion 2017 signalait déjà, par exemple, les conséquences d’une modification de l’ordonnance cantonale concernant le renouvellement de l’eau. Mais cela pose tout de même une question essentielle : comment concevons-nous la durée de vie et l’adaptabilité de nos investissements ?

Churchill disait, à propos de la reconstruction de la Chambre des communes britannique : « We shape our buildings and afterwards our buildings shape us. » Nous façonnons nos bâtiments, puis ce sont eux qui nous façonnent. Pour une commune, j’ajouterais que nous finançons nos bâtiments, puis pendant des décennies leurs contraintes façonnent nos finances.

Le plus intéressant est d’ailleurs que le préavis actuel tire lui-même une partie de cette leçon. En écartant une variante minimaliste, la Municipalité écrit qu’elle « précariserait l’avenir ». Elle privilégie donc une solution permettant des développements ultérieurs sur le site. Je partage totalement cette philosophie. Ma question est simplement : pourquoi ne pas l’appliquer à l’ensemble de notre politique d’investissement ?

Car nous avons maintenant le choix entre investir de nouveau massivement dans la piscine ou d’envisager d’autres équipements sportifs sur ce site de par nos obligations vis-à-vis des écoles. Dans tous les cas, la facture arrive au moment même où notre capacité financière s’est fortement réduite.

« Tout va très bien, Madame la Marquise » ?

C’est ici que les chiffres récents deviennent difficiles à concilier avec le récit rassurant des excédents passés. Je n’utiliserai pas à la légère le terme juridique de « surendettement ». Mais les propres indicateurs de la Commune décrivent aujourd’hui une situation d’endettement clairement préoccupante.

Fin 2024, les emprunts inscrits au bilan atteignaient environ CHF 88 millions. Le préavis municipal sur l’impôt 2026 explique qu’il était devenu de plus en plus difficile d’obtenir des financements à moyen et long terme : pour une recherche de financement de plus de CHF 14 millions sur quinze ans, la Commune n’avait trouvé que CHF 7 millions de financement, et pour trois ans seulement. Le document attribue explicitement cette difficulté à la mauvaise qualité des ratios de financement et d’endettement.

Le degré d’autofinancement n’était plus que de 18,2 % en 2024, alors que le document qualifie un niveau inférieur à 50 % de « problématique ». L’endettement net est passé de CHF 27,4 millions en 2020 à CHF 74,1 millions en 2024 et son ratio par rapport aux revenus fiscaux a atteint 206,1 %, également classé comme « problématique ».

Plus révélateur encore, la Municipalité écrivait en 2025 que la trajectoire suivie n’était pas la bonne et qu’une réaction forte à très court terme était nécessaire pour éviter des difficultés à faire face aux engagements financiers à moyen terme. Elle estimait également que la dette, les investissements futurs et la dégradation des ratios pourraient nécessiter une hausse du taux d’imposition, décision qu’elle a choisi de laisser à la législature 2026-2031. Le taux demeure à 64,5 % en 2026. Il ne s’agit donc plus d’une interprétation partisane. Ce sont les documents de la Commune.

Et c’est précisément ici que l’argument des excédents historiques atteint ses limites. Si les finances d’hier étaient remarquablement bien gérées, il faut expliquer pourquoi la capacité financière disponible aujourd’hui est aussi contrainte alors que plusieurs équipements importants doivent encore être rénovés, agrandis ou construits. La question n’est pas polémique. Elle est comptable, patrimoniale et politique.

Construire des logements ne construit pas une ville

Cette réflexion prend une autre dimension lorsque l’on regarde le développement démographique. Le sujet n’est pas nouveau.

En 2016 déjà, une publication officielle de la Commune indiquait qu’Épalinges, alors forte d’environ 9’500 habitants, pourrait accueillir plus de 3’000 habitants supplémentaires. Le même texte précisait qu’une telle croissance nécessitait une réflexion globale et concertée. Il évoquait d’ailleurs explicitement des places de jeux et de rencontre, locaux de quartier, commerces, espaces publics et mobilité.

En février 2024, j’interpellais moi-même le Conseil sur la question des infrastructures sportives. Je relevais que notre population avait progressé de près de 30 % en vingt ans et que les développements urbanistiques envisagés pouvaient encore représenter environ 25 % de population supplémentaire. Je constatais parallèlement que des associations sportives étaient déjà confrontées à des problèmes de capacité.

Il faut naturellement mettre ces projections en perspective : la Municipalité faisait alors remarquer que plusieurs projets immobiliers prévus depuis 2014 avaient pris beaucoup de retard et que la population réelle avait moins augmenté que prévu durant la décennie précédente. Mais cela ne supprime pas la question. Cela la rend au contraire plus simple : si nous décidons aujourd’hui où pourront habiter les habitants de demain, nous devons décider simultanément où leurs enfants feront du sport, où ils joueront, où ils se rencontreront et quels espaces publics accompagneront cette densification.

La Confédération elle-même met en garde contre cette confusion. L’Office fédéral du développement territorial constate que le développement vers l’intérieur est encore trop souvent assimilé à une simple densification quantitative et souligne l’importance sociale, économique et écologique des espaces ouverts. L’Office fédéral du sport recommande de son côté de planifier les installations sportives publiques, notamment communales, en fonction des besoins, et rappelle que l’urbanisme doit réserver des espaces de qualité au sport, à l’activité physique et aux rencontres.

Des salles de quartier sont utiles. J’en suis convaincu. Mais une salle de réunion ne remplace ni un parc, ni une place de jeux, ni une salle de gymnastique, ni un terrain sportif. Densifier sans augmenter proportionnellement certaines infrastructures revient à construire les logements de demain avec les équipements d’hier. Et nous savons désormais combien ce genre d’économie peut finir par coûter.

Février 2024 : une occasion manquée ?

Un épisode de notre dernière législature mérite à mes yeux d’être relu. En février 2024, un postulat demandait précisément une stratégie financière à 5, 10 et 15 ans, liée à la vision urbanistique et aux besoins futurs en services et infrastructures. La Municipalité répondit alors que les développements étaient maîtrisés, que les infrastructures étaient prêtes à accueillir les nouveaux habitants et conclut que « les finances de la Commune sont saines ».

Des voix s’inquiétaient pourtant déjà de l’évolution de la dette et de l’autofinancement négatif des budgets 2023 et 2024. Un conseiller lança même cette phrase qui mérite aujourd’hui d’être relue : « On est tous responsables ici. ». Le postulat fut finalement refusé.

Dix-huit mois plus tard, les documents municipaux parlaient de ratios problématiques, de difficultés à emprunter à long terme, d’investissements supérieurs à notre capacité financière et de la possibilité d’une hausse fiscale. Cela ne signifie pas que le postulat aurait miraculeusement résolu nos problèmes. Mais peut-être aurait-il permis de les voir plus tôt et surtout de les regarder ensemble.

La stratégie n’est pas la divination. Elle consiste justement à envisager plusieurs scénarios lorsque l’avenir est incertain. Pierre Mendès France disait : « Gouverner, c’est choisir », avant d’ajouter que choisir signifie fixer des rangs de priorité. Pour choisir, encore faut-il connaître non seulement le prix du projet posé devant nous ce soir-là, mais également les autres factures qui arriveront demain.

Et le Conseil communal dans tout cela ?

C’est probablement la partie la moins confortable de cette réflexion. Il serait très facile de tout mettre aujourd’hui sur le dos des anciennes Municipalités. Ce serait aussi intellectuellement malhonnête. La Municipalité propose et exécute. Mais le Conseil communal vote.

Le droit vaudois prévoit que toute proposition municipale soit examinée par une commission avant que le Conseil délibère. Les commissions de gestion et des finances sont explicitement décrites par le Canton comme des instruments du Conseil destinés à surveiller la bonne gestion des deniers publics.

Nous votons les budgets, nous approuvons les comptes. Nous autorisons les crédits d’investissement. Nous fixons le plafond d’endettement. Nous votons le taux d’imposition. Nous recevons les rapports des commissions.

Et lorsque nous approuvons année après année les propositions qui nous sont soumises, nous ne pouvons pas ensuite expliquer que nous n’étions au courant de rien. La Municipalité elle-même le rappelait encore en mars 2026 en parlant des « coups partis », notamment la piscine, les vestiaires du FC Épalinges et le bâtiment des forêts : ce sont, écrivait-elle, des projets validés par le Conseil communal et désormais engagés.

La responsabilité est donc partagée. Pas nécessairement à parts égales, puisque la Municipalité dispose de l’administration, prépare les projets et possède davantage d’informations. Mais elle est partagée. Et puisque je siège dans ce Conseil depuis cinq ans, cette responsabilité est désormais aussi la mienne.

L’esprit de parti : ce confortable oreiller

Il existe enfin un sujet plus délicat : celui de la solidarité partisane. Nous connaissons tous le réflexe. Un municipal de notre parti présente un projet. Nous avons naturellement davantage confiance en lui., nous voulons éviter de le mettre en difficulté et nous connaissons la quantité de travail fournie. Puis arrive doucement cette petite musique datant d’un autre âge :  On ne va quand même pas attaquer notre municipal.

Je comprends humainement ce réflexe. Institutionnellement, il me semble dangereux. Clemenceau plaisantait sur la différence entre le « traître » qui quitte notre parti et le « converti » qui rejoint le nôtre. La géométrie politique a toujours eu ses accommodements. Une publication communale d’Épalinges reprenait d’ailleurs cette boutade en couverture en 2016. Mais le mandat d’un conseiller communal n’est pas de défendre « son » municipal. Il est de défendre ce qu’il estime être l’intérêt de la commune.

Un conseiller PLR doit pouvoir questionner un municipal PLR. Un socialiste, un municipal socialiste. Un Vert, un municipal Vert. Sinon, le Conseil cesse progressivement d’être un organe de contrôle pour devenir une addition de groupes chargés chacun de protéger leur représentant à l’exécutif. La démocratie communale y perdrait beaucoup. Le contrôle n’est d’ailleurs pas une marque de défiance. C’est précisément le fonctionnement normal des institutions.

La hausse des impôts n’est pas forcément la faute : elle peut être la facture

Il faut enfin éviter une autre facilité politique. Si la nouvelle législature devait finalement augmenter les impôts, il serait tentant d’en conclure que ceux qui augmentent les impôts sont les mauvais gestionnaires. Ce serait beaucoup trop simple.

Une hausse fiscale peut devenir, dans certaines circonstances, une décision responsable. Lorsque la dette est élevée, que l’autofinancement est insuffisant et qu’il faut maintenir des prestations essentielles, continuer à emprunter simplement pour éviter une décision impopulaire peut être bien plus irresponsable.

La vraie question est donc moins qui augmente les impôts que pourquoi sommes-nous arrivés au point où il devient nécessaire de choisir entre hausse fiscale, réduction des prestations et report d’investissements ? Ce sont deux débats complètement différents.

Les Municipalités précédentes peuvent légitimement rappeler leurs excédents. Les Municipalités actuelles ou futures peuvent légitimement rappeler les charges cantonales, les nouvelles normes et les investissements indispensables. Mais les citoyens ont également le droit de demander le bilan complet.

Pas seulement les excédents laissés. La dette aussi. Pas seulement les bâtiments construits. Leur durée de vie et leur capacité aussi. Pas seulement les impôts qui n’ont pas été augmentés hier. Ceux qu’il faudra éventuellement augmenter demain aussi.

Développement durable : cela vaut aussi pour les finances

Le rapport Brundtland a donné une définition célèbre du développement durable : répondre aux besoins présents sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Cette définition reste celle utilisée par la Confédération et le Canton de Vaud. Nous l’appliquons volontiers au climat, aux ressources naturelles ou à l’énergie. Pourquoi ne pas l’appliquer également aux finances publiques ? L’endettement peut être parfaitement durable lorsqu’il finance une école, une infrastructure ou un équipement qui servira plusieurs générations.

En revanche, transmettre à la génération suivante une dette importante et des équipements déjà insuffisants et des investissements de rattrapage à financer pose une question d’équité intergénérationnelle beaucoup plus sérieuse. Le jars palinzard est certes un animal robuste. Mais, détail zoologique autant que budgétaire, un jars ne pond pas d’œufs d’or. Il faudra donc choisir.

Ce que j’aimerais que nous changions

Pour cette deuxième législature, je souhaiterais que nous sortions de la logique consistant à examiner chaque préavis comme une île indépendante.

Il nous faut une véritable planification financière glissante sur plusieurs années, régulièrement actualisée plutôt qu’une prétendue prédiction figée de l’avenir, un plan directeur des infrastructures mettant en regard démographie – capacité actuelle et besoins futurs -, une analyse du coût complet de chaque investissement sur sa durée de vie, une estimation systématique de sa capacité d’adaptation aux évolutions techniques, réglementaires ou démographiques, des critères objectifs permettant de hiérarchiser les investissements, et, surtout, une information suffisamment claire pour que chaque conseiller puisse mesurer l’impact d’un nouveau crédit sur la dette, l’autofinancement et les projets qui devront encore suivre.

Cette direction n’est d’ailleurs plus particulièrement révolutionnaire : la réforme du cadre financier communal vaudois va elle-même vers davantage de planification financière, de suivi des investissements et d’indicateurs prudentiels. La Municipalité d’Épalinges reconnaissait en 2025 avoir déjà intégré certains de ces ratios afin que l’exécutif, la COFIN et le Conseil sachent précisément où se situe la Commune. Il ne s’agit donc pas d’avoir davantage de tableaux pour le plaisir d’avoir davantage de tableaux. Il s’agit de pouvoir répondre à une question très simple avant chaque investissement : « Si nous faisons cela aujourd’hui, que pourrons-nous encore faire demain ? »

Ne cherchons pas des coupables. Cherchons les erreurs à ne plus reproduire.

George Santayana écrivait que ceux qui ne peuvent se souvenir du passé sont condamnés à le répéter. Je n’entame pas cette deuxième législature avec l’envie d’organiser le procès de ceux qui nous ont précédés. Ils ont pris leurs décisions avec les informations, les contraintes et les convictions de leur époque.

Je ne souhaite pas davantage exonérer le Conseil communal. Pendant des années, il a voté les crédits, les budgets et les comptes. Il a parfois questionné, parfois amendé, parfois refusé. Mais il a aussi souvent fait confiance. La confiance est nécessaire en politique. Le contrôle aussi. Ce que cinq années au Conseil m’ont appris, c’est qu’un excédent n’est pas une stratégie, qu’un budget équilibré n’est pas une vision et qu’un investissement bon marché aujourd’hui peut devenir extraordinairement coûteux demain.

La vraie mesure d’une bonne gestion ne devrait donc pas être « Combien avons-nous économisé cette année ? » mais « Dans quel état financier et infrastructurel laisserons-nous la commune à ceux qui viendront après nous ? »

C’est finalement une conception assez simple de la responsabilité politique. Ne pas construire les logements de demain avec les infrastructures d’hier. Ne pas présenter comme une économie la facture que l’on transmet à la législature suivante. Et ne plus nous satisfaire d’un excédent comptable pour conclure que tout va bien lorsque la dette, le patrimoine et les investissements futurs racontent une histoire plus complexe.

Les excédents d’hier méritent d’être reconnus. Les factures d’aujourd’hui doivent l’être aussi.

Et notre responsabilité, désormais, est surtout de faire en sorte que les citoyens de demain n’aient pas à écrire exactement le même article sur nous.